Le projet PERSUADE se clôture par un séminaire au CRR à Sterrebeek

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Revêtement poroélastique

Le 24 août 2015, une septantaine de participants de quinze pays se sont retrouvés dans l’auditorium du CRR à Sterrebeek pour assister au séminaire de clôture du projet PERSUADE (acronyme de PoroElastic Road SUrface: an innovation to Avoid Damages to the Environment).

Ce projet de recherche européen de six ans (1er septembre 2009 - 31 août 2015), sous la direction du CRR, avait pour objectif de développer un revêtement poroélastique sûr et durable pour lutter contre le bruit routier.

Un revêtement poroélastique est composé de grains de caoutchouc (pneus recyclés), de gravillons et de quelques additifs qui sont liés à l’aide d’une résine synthétique élastique (polyuréthane). Il ne contient pas de bitume et ne peut donc pas être confondu avec un enrobé caoutchouteux.

Des expériences antérieures avaient démontré que ce type de revêtement permettait de réduire le bruit routier de 7 à 12 dB. En guise de comparaison: un mur antibruit d’une hauteur de 4 m permet d’obtenir une réduction de l’ordre de 8 dB.

La durabilité laissait toutefois encore à désirer, surtout au niveau du plumage et de l’adhésion au support. Afin d’améliorer ces aspects et de répondre à quelques questions en suspens, une recherche plus approfondie était nécessaire.

Approche globale

Essais en laboratoire Petite planche expérimentale CRR à Sterrebeek Planche expérimentale à Herzele

Dès le début du projet, on a opté pour une approche globale dans tous les domaines.

Ainsi, il fallait rechercher pour ce matériau poroélastique une application réductrice de bruit qui:

  • soit à la fois durable et économiquement viable;
  • fournisse une surface suffisamment rugueuse et lisse, pour garantir la sécurité et le confort des usagers;
  • ne présente aucun risque pour la santé humaine et l’environnement, à n’importe quel moment (mise en œuvre, incendie de véhicule, etc.);
  • n’augmente pas de manière significative la résistance au roulement, pour ne pas augmenter la consommation de carburant.

Le programme de recherche comprenait:

  • des essais en laboratoire;
  • la mise en œuvre de petites sections expérimentales avec peu, voire aucun trafic (notamment sur le parking du CRR à Sterrebeek);
  • la mise en œuvre et le suivi de sections expérimentales sur des routes circulées (notamment sur la N464 à Herzele).

Résultats

Les objectifs ont en grande partie été atteints.

Les partenaires du projet sont parvenus à concevoir deux mélanges présentant une bonne résistance au plumage. Les essais en laboratoire ont démontré que cette résistance était comparable à celle de revêtements bitumineux minces de qualité. Bien que les sections aient fait l’objet d’un suivi moins long qu’initialement prévu, les résultats de ce suivi confirment les résultats des essais en laboratoire. Concernant l’adhésion du matériau poroélastique, l’importance d’un support adapté et de qualité a été mise en avant.

Des réductions de bruit réelles de 7,5 dB(A) à 10 dB(A) ont été mesurées sur huit sections expérimentales dans cinq des pays participants (Belgique, Danemark, Pologne, Slovénie et Suède).

La rugosité est suffisante voire bonne et la résistance au roulement est comparable à celle d’un mélange SMA-0/16.

Un revêtement poroélastique n’est pas toxique et (de manière assez étonnante) est beaucoup plus sûr en cas de véhicule en feu avec fuite de carburant que les revêtements denses «classiques». L’idée a déjà été avancée que ce matériau pourrait augmenter la sécurité dans les tunnels.

L’utilisation d’un matériau poroélastique est plus onéreuse que celle des matériaux «classiques». En comparaison avec d’autres mesures de lutte contre le bruit avec impact similaire (p. ex. écrans antibruit), il reste néanmoins avantageux. Il peut aussi être appliqué aux endroits où les autres solutions sont difficiles à appliquer, voire impossibles.

En bref, nous pouvons déclarer que les éléments nécessaires pour réaliser un revêtement poroélastique offrant une bonne réduction sonore, une durabilité raisonnable ainsi que toutes les autres propriétés que l’on attend d’un revêtement sont maintenant disponibles et bien documentés. La mise en œuvre et le suivi de nouvelles sections expérimentales sont toutefois nécessaires, afin de permettre aux constructeurs routiers d’acquérir l’expérience suffisante avec ce matériau poroélastique et affiner leurs techniques de mise en œuvre.

Perspectives d’avenir

Le rapport final de ce projet de recherche européen sera publié d’ici la fin de l’année (www.persuadeproject.eu).

Au nom du consortium, Luc Goubert a présenté le projet PERSUADE le 1er septembre 2015 à Genève au sein du Groupe de travail du bruit de la Commission Economique des Nations Unies (CEE-ONU).

Dans le cadre du projet urbain SToLA (STille TopLagen voor Antwerpen), une section expérimentale poroélastique de 128 m de long sera réalisée dans l’entité anversoise de Zandvliet.

L’objectif est d’étudier l’utilité et la viabilité des revêtements peu bruyants en milieu urbain. Une enquête sera aussi menée auprès des riverains pour savoir comment cette nouvelle application est perçue.